Pourquoi baptiser des bébés ?
mardi 12 février 2008
"Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé" dit Jésus (Marc 16, 16).
Mais un bébé est encore incapable de faire un acte de foi ! alors n’est-il pas nécessaire d’attendre qu’il en soit capable pour le baptiser ?
"Dans la parole de Jésus : ’Personne, à moins de naître de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu’ (Jean 3, 5), l’Eglise a toujours compris que les petits enfants ne devaient pas être privés du baptême. Ils sont baptisés dans la foi de l’Eglise, proclamée par les parents, les parrain-marraine et les autres assistants."
Rituel du baptême des petits enfants, § 43.
Selon le Nouveau Testament, le Christ n’a pas restreint la nécessité du baptême aux seuls adultes, tout comme il ne rejette pas de son Royaume les petits enfants.
« Laissez les petits enfants venir à moi, ne les empêchez pas ! » (Marc 10, 14).
Lorsque saint Paul baptise des familles entières, pourquoi supposer qu’il exclut les enfants (Iè lettre aux Corinthiens 1, 16 ; Actes des Apôtres 16, 15. 33) ?
Quant aux Pères de l’Église, ils soutiennent l’importance du baptême des enfants.
Saint Irénée, martyrisé en 202, l’affirme quand il parle des nouveau-nés. Origène, mort un peu plus tard au 3e siècle, soutient que le baptême des enfants remonte au temps des Apôtres. Saint Cyprien, à la même époque, est de la même opinion.
Aussi le grand saint Augustin, mort en 430, a beaucoup réfléchi à la question : "L’Eglise Mère tout entière enfante tous et chacun [1]". Dès 418, le concile de Carthage condamnait l’opinion contraire. Même si la pratique du baptême des enfants n’était pas généralisée, elle était en vogue.
Hans Urs von Balthasar, théologien du XXè siècle, rappelait que la pratique de baptiser les enfants « remonte aux premiers siècles de l’Église ». « Si on la supprimait, quelque chose de précieux manquerait à l’Église, quelque chose ne serait pas exprimé de l’amour de Dieu pour les petits enfants. En baptisant des nouveau-nés, l’Église dit que l’espérance de vie offerte par Dieu s’adresse à tout homme, quel que soit son âge » (Porté au baptême, 41).
« La pure gratuité de la grâce du salut est particulièrement manifeste dans le baptême des enfants » (Catéchisme de l’Église catholique, § 1250).
Pour toutes ces raisons, l’Eglise invite toujours les parents à faire baptiser les enfants sans tarder.
Rendus adultes, les enfants auront à se prononcer sur Jésus Christ. Mais, déjà, ils auront connu Jésus, la vie en Église, les richesses chrétiennes, ce qu’il y a de meilleur. Ils auront profité toutes ces années de la grâce du sacrement.
Notes
[1] Saint Augustin, lettre 98, 5. Patrologie Latine 33, 362
